Définition

Endurance est la capacité d’effectuer une activité motrice pendant un temps adapté ou de la répéter malgré une fatigue croissante. Dans le sport, il ne s’agit pas seulement de la durée de l’effort. Il est aussi important de savoir combien de temps l’athlète conserve la technique requise, la coordination, la force, l’attention et la précision dans ses décisions.

Selon la manière de produire l’énergie, on distingue simplement endurance aérobie, où la production d’énergie avec l’aide de l’oxygène joue le rôle principal, et endurance anaérobie, importante pour des efforts courts et très intenses. Pour le skieur, l’endurance de force est aussi essentielle – la capacité des muscles à produire ou à supporter une force à répétition sans baisse excessive de performance.

Importance en ski alpin

Le ski alpin fait partie des sports exigeants sur le plan technique et physique. Une manche de course est relativement courte, mais les muscles des membres inférieurs et du tronc y subissent à plusieurs reprises une forte charge. Le résultat ne dépend donc pas seulement de la condition aérobie, mais de la combinaison de la technique, de la force, de la puissance explosive, de la coordination, de l’équilibre et de plusieurs systèmes énergétiques.

Une bonne endurance générale aide le skieur à :

  • récupérer entre les descentes et les blocs d’entraînement,
  • enchaîner davantage de répétitions de qualité,
  • garder l’attention et la technique pendant une longue journée sur la neige,
  • mieux supporter la charge d’entraînement cumulée pendant la préparation et la saison.

Il n’est cependant pas fiable d’évaluer un skieur uniquement à partir de la course à pied, d’un test à vélo ou de la valeur de la consommation maximale d’oxygène. La capacité aérobie soutient la charge d’entraînement et la récupération, mais à elle seule, elle n’explique pas le résultat en ski alpin.

L’endurance chez les enfants

L’Organisation mondiale de la santé recommande aux enfants et aux adolescents âgés de 5 à 17 ans au moins 60 minutes par jour en moyenne d’activité physique d’intensité modérée à soutenue au cours de la semaine, principalement de nature aérobie. Il s’agit d’une recommandation pour une pratique saine de l’activité physique, et non d’une prescription d’un entraînement d’endurance de 60 minutes ni d’une norme de performance sportive.

Endurance – illustration technique Ski Loko

Chez les plus jeunes enfants, l’endurance se développe surtout naturellement : par des jeux de mouvement, des parcours d’obstacles, des randonnées, du vélo, du patinage, du ski de fond, de la natation ou des jeux de balle. De telles activités favorisent en même temps la variété motrice et permettent d’alterner l’intensité sans charge inutilement monotone.

Avec l’âge, l’expérience d’entraînement et la capacité à percevoir le rythme, on peut aussi intégrer des phases continues d’endurance ou un entraînement par intervalles structuré. Leur durée, leur intensité et leur fréquence doivent toutefois découler du développement biologique, de l’état de santé, de la préparation antérieure et du programme global de l’enfant. L’entraînement des adultes ou des athlètes olympiques ne peut pas simplement être raccourci et transposé aux enfants. La protection de la santé et le développement à long terme du jeune sportif priment sur le résultat à court terme.

Contexte de compétition

Le compétiteur doit être capable d’assumer l’échauffement, la reconnaissance du parcours, la mise en train, la manche de compétition et, le cas échéant, un autre tour sans baisse marquée de préparation. À l’entraînement, s’y ajoutent les déplacements répétés jusqu’au départ, l’attente, le froid, l’altitude, les voyages et plusieurs jours de charge d’affilée. L’endurance crée donc la base sur laquelle il est possible d’effectuer à plusieurs reprises un entraînement technique et de force de qualité.

Dans la préparation des skieurs alpins de haut niveau, on utilise la course à pied, le vélo, la natation, le pagayage, les rollers, les jeux collectifs ainsi que l’activité en terrain irrégulier. Le choix dépend de la période de la saison, de la discipline, des besoins et de l’état de santé du sportif. Ces connaissances décrivent la pratique des athlètes d’élite adultes, et non le volume recommandé pour les enfants.

Erreurs et malentendus typiques

  • On confond l’endurance avec une longue course lente. On peut la développer par plusieurs formes de mouvement et, chez les enfants, une forme variée est souvent plus adaptée.
  • Chaque session de ski est considérée comme un entraînement d’endurance suffisant. Les descentes interrompues par le télésiège, l’attente et les consignes peuvent créer un stimulus différent d’une activité motrice continue.
  • La fatigue est considérée comme le but de l’entraînement. Le but n’est pas d’épuiser l’enfant au maximum, mais de créer un stimulus approprié après lequel il peut récupérer.
  • La condition physique passe avant la technique. Si la fatigue détériore nettement la posture, l’équilibre ou les réactions, les répétitions techniques suivantes peuvent perdre en qualité.
  • Le résultat d’un seul test sert à sélectionner le talent. Un test de condition physique ne capture qu’une partie des prédispositions et doit être interprété avec le contexte technique, moteur et développemental.

Le regard de l’entraîneur

Dans le développement de l’endurance, l’entraîneur ne suit pas seulement la distance ou le temps. Il observe aussi la qualité du mouvement, le rythme, les réactions de l’enfant, la baisse de la technique, la récupération entre les répétitions et la disponibilité pour le prochain entraînement. Dans un groupe, il doit compter avec le fait que des enfants du même âge peuvent présenter des niveaux biologiques et moteurs très différents.

Une bonne préparation d’endurance du jeune skieur est régulière, variée et progressive. Elle doit soutenir le ski, non le remplacer ni transformer l’effort en concours pour savoir qui supporte le plus de fatigue. Le volume et l’intensité concrets sont déterminés par un entraîneur qualifié selon l’individu, la période de la saison et les autres charges.

Sources et lectures complémentaires

  1. Déclaration de consensus de la FIS sur l’entraînement et les tests chez les skieurs alpins et freestyle et les snowboardeurs de compétition
  2. Recommandations de l’OMS sur l’activité physique et la sédentarité : l’essentiel en un coup d’œil
  3. British Journal of Sports Medicine – Protéger l’enfant athlète dans le sport
  4. Gilgien et al. : L’entraînement des coureurs olympiques de ski alpin
  5. Turnbull, Kilding et Keogh : Physiologie du ski alpin
  6. Ferland et Comtois : Profil athlétique des coureurs de ski alpin – Une revue systématique
  7. L’entraînement d’endurance dans les sports d’hiver olympiques : une revue narrative de la littérature actuelle et des priorités de recherche futures